L'Histoire de l'art et l'archéologie à Paris Nanterre

Motion adoptée par le Département d’Histoire de l’art et d’archéologie de l’université Paris Nanterre


Le 13 janvier 2020.Ayant pris connaissance du projet lié à la publication annoncée de la Loi de programmation pluriannuelle pour la recherche, les membres du département d’Histoire de l’art et d’archéologie de l’Université Paris Nanterre tiennent à réaffirmer avec force les principes incontournables pour garantir, dans le cadre du service public de l’ESR, le bon fonctionnement, le rayonnement et l’excellence de ses missions de recherche et d’enseignement.
Ces deux missions étant intrinsèquement liées, s’il reconnaît la justesse de constats livrés par les trois rapports réalisés en 2019 et la nécessité d’une vraie loi de programmation, le département s’oppose à une précarisation accrue des personnels Enseignant.es-Chercheur.es de l’ESR, aux nouvelles formes de recrutement annoncées dans le projet de loi, ainsi qu’à la modulation des services. Il tient à réaffirmer l’importance du maintien du statut de fonctionnaire pour les maître.sses de conférences et professeur.es des universités et refuse leur fusion en un corps unique. Il demande le maintien du référentiel de 192h d’enseignement -voire sa réduction préconisée par les rapporteurs -, garant d’un bon équilibre entre enseignement et recherche, et s’indigne de la suppression programmée des heures complémentaires, au moment même où la réforme des retraites va se traduire pour le corps des enseignants-chercheurs par une diminution importante des pensions.
Les membres du département s’alarment également très fortement quant à l’avenir des jeunes chercheurs et chercheuses qu’ils forment actuellement et refusent la précarisation annoncée de leurs statuts.
Le département souligne en outre l’importance du maintien du CNU, instance garante de l’impartialité de traitement à l’échelle nationale, et s’insurge contre la suppression de la procédure de qualification, seule à même de garantir l’excellence des recrutements dans l’enseignement supérieur et la recherche.
Enfin, les propositions incluses dans le projet de loi n'apportent aucune solution à la dégradation préoccupante des conditions de travail et à la précarisation des personnels BIATS et ITA et des jeunes chercheur.es déjà affecté.es par la réforme récente de l’assurance chômage.
Le Département rappelle que des solutions alternatives pour mener à bien une recherche d'excellence sont connues et peuvent être mises en pratique, comme la création d'un plus grand nombre de postes de titulaires, la revalorisation du salaire des vacataires et une augmentation du nombre de contrats doctoraux. Le développement de postes pérennes est seul à même de favoriser l'épanouissement d'une recherche scientifique ambitieuse de rang international.
Au vu des graves dangers que ce projet de loi fait peser sur l’enseignement supérieur et la recherche publics, les membres du département d’Histoire de l’art et d’archéologie de l’Université Paris Nanterre demandent la suspension de sa publication et la mise en place d’un nouveau calendrier national permettant d’en revoir collégialement le contenu sur les bases rappelées ci-dessus.
 

L’Université Paris Nanterre propose aux étudiant(e)s un parcours complet en histoire de l’art et en archéologie, de la première année de licence au master et au doctorat.

L’histoire de l’art et l’archéologie y sont abordées comme des voies privilégiées de compréhension des sociétés humaines dans toutes leurs dimensions, de la préhistoire à l’art actuel, en passant par les mondes antiques, les mondes médiévaux, les périodes modernes et contemporaines. Les thèmes abordés sont très variés : aussi bien la peinture et la sculpture que l’architecture, l’urbanisme et les jardins, la photographie, le dessin, la gravure et les arts du livre, les arts décoratifs, les outils du quotidien, etc. Les relations entre le monde occidental et le reste du monde font l’objet d’une attention particulière, dans le cadre d’une histoire de l’art et d’une archéologie mondialisées. Les passerelles avec des disciplines connexes sont également favorisées : histoire, lettres classiques et modernes, esthétique, anthropologie, sociologie, etc.

Les étudiant(e)s sont invité(e)s à se spécialiser progressivement au cours de leurs études, en optant, notamment, pour un parcours d’histoire de l’art ou pour un parcours d’archéologie.

La formation cherche à donner aux étudiant(e)s les meilleures chances d’insertion professionnelle, notamment dans le domaine du patrimoine (musées, monuments historiques, services d’archéologie, laboratoires publics et ateliers privés de restauration, etc.), de la recherche (universités, écoles spécialisées, Centre national de la recherche scientifique, Institut national de recherches archéologiques préventives, etc.), du tourisme ou du marché de l’art. La formation donne donc une place importante à l’apprentissage des langues, aux stages (à partir de la 3e année de licence) et aux modules de pré-professionnalisation. Elle inclut également des parcours professionnalisants spécifiques (licence de restauration d’œuvres d’art, master de médiation culturelle, patrimoine et numérique).

Mis à jour le 17 juin 2020